Mis à jour le 11 septembre 20266 min de lecture18+
Institutions · Le concessionnaire

La LONACI : à la fois opérateur de paris et porte d’entrée de ses propres concurrents

La Loterie Nationale de Côte d’Ivoire occupe une position que l’on ne rencontre pas partout : elle exploite ses propres marques de paris, et c’est aussi par elle que passe l’agrément des opérateurs privés qui lui font concurrence. Comprendre ce double rôle explique la plupart des confusions qui circulent sur la légalité des paris dans le pays — à commencer par cette phrase que l’on lit partout, selon laquelle tout opérateur autre que la Loterie serait interdit.

Concessionnaire uniqueMise dès 400 FCFARéseau physique
Le double rôleLes opérateurs agréés

Ce qu’elle est

Le concessionnaire de l’État pour les jeux de hasard. Dans le registre tenu par le régulateur, la catégorie des concessionnaires ne contient qu’une seule ligne, et c’est la sienne.

Le mécanisme est simple à énoncer. Le droit d’exploiter les jeux de hasard appartient à l’État, qui ne l’exerce pas directement : il le concède. La Loterie nationale est le bénéficiaire de cette concession, formalisée par une convention conclue avec l’État le 5 juillet 2021 et précisée par le décret du 6 décembre 2023. Le détail juridique de l’édifice est sur la page légalité.

1concessionnaire au registre
16opérateurs en ligne encadrés
400 Fmise minimale en boutique
2021année de la convention

Le double rôle, et ce qu’il implique

C’est la particularité ivoirienne, et elle mérite d’être regardée en face plutôt que contournée.

Elle exploite

La Loterie propose ses propres jeux et ses propres paris sportifs, en boutique et en ligne. À ce titre, elle est un opérateur comme un autre, en concurrence avec les marques privées.

Elle ouvre la porte

C’est par elle que passe l’agrément des opérateurs privés. Les marques que vous voyez dans le registre sont entrées par cette porte.

Elle est elle-même régulée

L’ARJH régule l’activité de l’opérateur sous droit exclusif. Autrement dit, le concessionnaire n’est pas juge et partie sans contrepoids : voir l’ARJH.

Un opérateur qui délivre des agréments à ses concurrents est une configuration inhabituelle. Elle n’est pas illégitime pour autant : elle est simplement rarement expliquée, et c’est de ce silence que naissent les affirmations contradictoires sur la légalité des paris dans le pays.

La phrase qu’on lit partout, enfin complète

« La Côte d’Ivoire interdit les paris à tout opérateur autre que la LONACI » est exacte tant qu’on s’arrête au droit d’exploiter, qui passe effectivement par elle. Elle devient trompeuse dès qu’on oublie la suite : cette même Loterie délivre des agréments, et une quinzaine de sociétés privées en bénéficient.

Ses marques et son réseau

Le mot qui piège tout le monde

« Réseau de points agréés LONACI » désigne des boutiques, pas des opérateurs en ligne. Le même adjectif sert aux deux, et c’est l’une des causes les plus bêtes de confusion dans les résultats de recherche : une page qui parle de points agréés ne parle pas du tout d’agrément d’exploitation.

Ce que ça change pour un parieur

Concrètement, trois choses, et aucune n’a à voir avec la qualité des cotes.

Une offre accessible sans compte ni téléphone

Le réseau physique permet de miser au comptoir. Pour qui n’a pas de portefeuille mobile à son nom — et cette contrainte bloque beaucoup de comptes en ligne — c’est la voie la plus simple.

Un interlocuteur national identifiable

Opérateur public, présence physique, adresse connue. Cela ne garantit pas un meilleur service, mais cela élimine la question de savoir qui l’on a en face.

Une référence pour juger les autres

L’offre de la Loterie donne un étalon simple : mise minimale, canaux d’encaissement, clarté des conditions. Comparer une marque privée à cet étalon est plus instructif que la comparer à une note sur dix.

Pour le reste — dépôt, retrait, documents — les mécaniques décrites sur les pages paiements et retrait s’appliquent de la même manière.

Ce qui a changé depuis 2021

Le marché ivoirien d’aujourd’hui ne ressemble plus à celui d’avant la convention de concession. Trois évolutions résument le mouvement.

  1. L’ouverture encadrée. Des opérateurs privés peuvent désormais exploiter légalement, ce qui était la principale question ouverte avant 2021.
  2. La publication d’une première liste. En 8 décembre 2023, trois marques étaient annoncées comme agréées. Le registre du régulateur en compte aujourd’hui 16 dans la catégorie des jeux en ligne : le mouvement a été rapide.
  3. Le déplacement du centre de gravité. La question intéressante n’est plus « a-t-on le droit de parier ailleurs qu’à la Loterie ? » mais « cette marque précise est-elle passée par la porte ? ». C’est exactement ce que résout le registre.
Les dates de convention et de communiqué proviennent de la presse ivoirienne. Le nombre actuel d’opérateurs provient de notre relevé du registre, daté du 11 septembre 2026.

Questions fréquentes

La LONACI est-elle le seul opérateur autorisé ?
Non. Elle est le seul concessionnaire, ce qui n’est pas la même chose : des sociétés privées exploitent par agrément et figurent au registre. La liste est sur la page opérateurs agréés.
Est-ce un problème qu’elle agrée ses concurrents ?
C’est une configuration inhabituelle, et c’est précisément pourquoi l’existence d’un régulateur distinct compte : l’ARJH régule aussi l’opérateur sous droit exclusif. Nous n’avons connaissance d’aucune décision publiée sur ce sujet, et nous ne spéculerons pas au-delà.
Peut-on parier sans téléphone ni compte bancaire ?
Oui, par le réseau physique de points de vente, à partir de 400 FCFA. C’est la particularité du concessionnaire, et elle résout le problème des joueurs dont le portefeuille mobile n’est pas à leur nom.
Les gains de la Loterie sont-ils soumis aux mêmes règles ?
Les obligations d’identification et de lutte contre le blanchiment découlent du cadre et ne dépendent pas de la marque. Les modalités pratiques d’encaissement diffèrent en revanche entre un ticket de comptoir et un compte en ligne.

Sources officielles

Les trois premières adresses sont celles du concessionnaire lui-même ; la dernière permet de vérifier sa place dans le registre.